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"Ce matin, j'ai sauvagement violé le fond de mes oreilles dans un va et vient brusque et sec coton-tigesque. 

Après cinq minutes d'ébats violents, j'eus triomphé de ce viol en léchant avec appétit chaque bout de coton-tige imbibé d'une cire jaunâtre, ceci dans des "ah" et "oh" exprimant satiété et assouvissement. 

A la fin des festivités, j'ai de nouveau célébré la mort de ma crasse auditive en peignant des fresques murales à l'aide de mes coton-tiges qui avaient des teintes de jaune différentes selon la profondeur de ma saleté personnelle.

Ainsi, guidée par les différentes voix de ma schizophrénie toute récente, je quittais le noble art de la peinture murale cotontigesque pour ensuite aller reprendre des forces, victime d'un manque d'énergie exacerbé par de telles activités matinales.

J'attrapais ainsi le téléphone, composant dans des soupirs plaintifs le numéro d'un pizzaiolo pour commander une innocente pizza que j'aurais tout également tartiné de ma semence récoltée du plus profond de mon cher conduit auditif, car il en restait encore, il y avait du rabe.

Une vingtaine de minutes plus tard, c'est seulement lorsque j'eus une part de pizza en bouche que je rageais d'avoir laissé un pourboire alors que le livreur avait tendu la main comme un voleur, machouillant un chewing-gum et accoudé d'une main contre la porte de chez moi d'un air résigné.

 

L'amertume me saisissait alors à la gorge, j'envoyais valdinguer la pizza sous un placard, je commençais alors une grève de la faim partagée entre le dénigrement et la honte.

C'est alors que des larmes chaudes commencèrent à s'échapper de mes orbites bridés, elles firent vibrer mon âme de colère et noyer ma dignité dans une bassine remplie de crachat de lama.

Je craquais alors dans des cris d'une douleur aigu, attrapa un tuyau d'arrosage et l'utilisa vivement pour arroser mes fresques murales dans une cacophonie de hurlements inhumains.

Et c'est à ce moment que mon cauchemar prit fin, je me réveillais, pas très fière de moi."